Un voyage au Magne, Grèce, et une lecture, « Mani », de Patrick Leigh Fermor…

Magnne
Carte du Magne

Le voyage date un peu, c’était en 2010, avec des amis, une plongée dans le sud du Péloponnèse, le Magne profond, une découverte et quelques photos, pas de véritable « carnet de voyage » donc…Et ce livre  » Voyage dans le sud du Péloponnèse, comme un écho, ici et maintenant.

Mani-voyages-dans-le-sud-du-Peloponnese

Nous avons donc marché sans le savoir, sur les traces de Patrick Leigh Fermor et de son épouse Joan, amoureux de la Grèce et parlant sa langue,  voyageurs infatigables  dans ce désert de pierres et de hautes tours fortifiées menaçantes, en milieu hostile et dur, mais aussi homérique et accueillant pour l’étranger.

Notre itinéraire nous a amenés alors , en Laconie, à Sparte, puis à Githio, Kotronas, Gerolimenas ( Yerolimena)  où nous logions à l’hôtel des frères Théodorakis, jusqu’à la point infernale du Ténare, où est située l’entrée des Enfers dans l’Antiquité grecque.

Notre « carnet de voyage » à quatre dans le Magne profond… 

 

Gerolimenas.

Description de P.Leigh Fermor, page 164. C’était dans les années 50.

« la petite ville de Yerolimena offrait une vision miniature du monde extérieur, loin de la dure réclusion du Magne. Les caïques le long du quai, les ancres, les cabestans, les rouleaux de câble, les inscriptions dorées sur les bouteilles dans la boutique du pharmacien, les sacs, les bidons et les boîtes chez l’épicier, les trois gendarmes qui sirotaient leur café sous un arbre, les trois capitaines de caïque coiffés de brillantes casquettes à visière qui buvaient de la bière Fix : le souffle brûlant et somnifère du sirocco plongeaient l’unique rue envahie par la poussière dans une demi-catalepsie… »

Je suis quant à moi, quasiment sûre que cet hôtel des frères Théodorakis, à l’angle, est bien celui dans lequel le couple Fermor est descendu dans les années 50, à l’époque il y avait une pharmacie sous l’hôtel.

Paysages du Magne profond et ses hautes tours…en 2010.

 

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« Les tours sombres ».

« La route du Magne profond serpentait encore pendant quelques kilomètres. Sa surface était jonchée de pierres et de cratères qui lui donnaient un aspect de plus en plus lunaire(…) de l’autre côté d’une chaude vallée se dressait une longue croupe rocheuse avec un village à chaque extrémité. Chaque village formait un long et solide faisceau de tours. Il y en avait des douzaines qui montaient vers le ciel, formant une sorte de métropole rustique. Chaque tour semblait rivaliser avec les autres pour tenter d’atteindre une hauteur encore plus absurde (…) le sommet des tours était plat comme s’il avait été scié. On ne distinguait pas de meurtrières. Ces deux incroyables villages de Kitta et de Nomia jaillissaient brutalement du rocher comme une forêt de tuyaux d’orgue rectangulaires (…) Tout était immobile et, sous cette lumière brûlante qui faisait tout vaciller, on aurait pu croire que ces tours aussi irréelles qu’un mirage étaient le fruit d’une hallucination. » ( chapitre VII, page 117)

L’entrée des Enfers…

Nous y arrivons par la route… Entrée « terrestre » supposée.

 

 Découverte par P. Leigh Fermor, en caïque… et à la nage, entrée sous-marine.

« Quelques minutes plus tard, plus au sud, au centre d’une autre petite baie, une caverne sombre  baie, bâillait au-dessus de l’eau. Panayoti fit ralentir son caïque.« C’est là, dit-il. L’entrée de l’Hadès. » (…) Je plongeai et me dirigeai vers la grotte, qui béait comme la gueule déformée d’une baleine dont la mâchoire inférieure aurait été submergée.(…) Je n’avais jamais imaginé que le sol de la caverne tout entier pouvait être sous la mer. Bien qu’il na fasse pas l’ombre d’un doute qu’il s’agit de la caverne par laquelle sont passés tous les héros de l’Antiquité grecque, ce fait n’est mentionné dans aucune légende (…) Quelques brasses me ramenèrent au tournant du rocher, le plafond remonta, et la bouche de la caverne illuminée par le soleil se signala par un brillant arc de cercle autour duquel les hirondelles continuaient à gazouiller en voletant. » ( Chapitre X, page 186.)

Et cette vidéo : sur ce lien,

Dans le magne profond…

 

Et pour finir cette rétrospective réelle et littéraire, des passages du livre, documentés, érudits, aventuriers, humoristiques, poétiques, grandioses sur ce Magne réel et mythique.

Contemplation des tours du Magne en ruines  …

« Mais ces agissements barbares n’ont laissé aucune trace dans l’atmosphère de Kyparissos. Les flottes pirates semblent aussi lointaines que les Nykléens querelleurs. Le soir descendait doucement sur les constructions effondrées et éparses, le decrescendo puis le silence des cigales, le vaste et calme miroitement de la mer en contrebas et le calme apaisant de l’air transmettaient un message différent : le message de paix qui survit dans les ruines des anciens temples grecs. Quand le voyageur se repose parmi les chapiteaux écroulés et qu’il laisse le temps s’écouler, son esprit se vide des pensées et des angoisses qui le troublent. Tel un récipient qui a été vidé et nettoyé, il s’emplit lentement, de nouveau, d’une douce extase. Le passé obscur et insignifiant tombe presque tout entier dans les limbes. Une sorte de rayonnement, un sentiment de calme prend sa place insensiblement et détend tous les liens, résout toutes les énigmes. Il semble suggérer avec bienveillance que toute vie, lorsqu’on la laisse se déployer sans obstacle et sans contrainte, lorsqu’on cesse de rechercher des solutions qui ne correspondent pas à notre façon d’être, peut s’écouler infiniment heureuse. » ( chapitre IX, page 174.)

Réflexions sur les signalisations « terrestres » des Enfers, principalement en Grèce… J’ai photographié celle du Styx cet été, lors d’une balade dans le Péloponnèse, aux abords du mont Chelmos…. 

 

Entrée de l’Hadès du Ténare  au sud du Magne et annonce du fleuve Styx près de Solos.

« Ces issues terrestres de l’Hadès nous remplissent toujours de crainte. Les flots d’oubli de Léthé coulaient, dit-on, près des Syrtes d’Afrique. la source du Styx jaillissait en cascade sur les rochers du mont Chelmos, en Arcadie*, et j’ai suivi les sinistres méandres du Cocyre à travers les plaines de Thesprotie, en Epire, non loin des gorges boisées de l’indomptable Soùli où gronde l’Achéron… » ( chapitre X, page 189)

  • Il s’agit en fait de l’Achaïe. ( GMB)

 

 

 

 

 

 

 

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