Graffitis érotiques, tavernes, lupanars, auberges…(2)

 

I- Ce que révèlent les inscriptions du caractère et des mœurs des Pompéiens

      – Dans les auberges et les tavernes :

Les auberges et les tavernes jouèrent un rôle important dans la vie du petit peuple de Pompéi, si l’on en croit les nombreuses inscriptions retrouvées sur les murs de ces établissements.

Leur prolifération, tant aux abords directs des portes de la ville et le long des grandes rues qu’au plus profond des petites ruelles, est notée dans le plan de Pompéi dressé par Tonnes Kleberg, Hôtels, restaurants et cabarets dans l’antiquité romaine.

On pouvait distinguer deux catégories d’établissements :

– Les établissements d’hébergement qui servaient d’hôtels pour la nuit et assuraient aussi la nourriture et les boissons :

Il s’agit des …………………CAUPONA

DEVERSORIUM

HOSPITIUM

STABULUM.

L’hospitium : REG. VII – 12 – 34/35, est un hôtel pompéien caractéristique.

Autour d’une pièce assez grande, probablement la salle à manger, avec une entrée donnant directement sur la rue, se trouve une série de six petites pièces : chambres à coucher, cabinets et cuisines.

Distinct de ce groupe de pièces, un local de consommations spécial, avec une petite salle à manger et un cabinet ouvrent directement sur la rue.

On a trouvé sur les murs d’une chambre à coucher, cette description, vraisemblablement écrite par un voyageur nostalgique qui désirerait auprès de lui le présence de son amie :

VIBIUS RESTITUTUS HIC SOLUS DORMUIT ET URBANAM SUAM DESIDERABAT (2146)

Vibius reposé a dormi seul ici et il désirait son Urbana !

– D’autre part les tavernes, quelquefois adjointes aux auberges ou à des maisons particulières, le plus souvent isolées, qui offraient uniquement nourriture et boissons.

Ainsi la TABERNA était plus spécialement un cabaret où l’on servait du vin, et la POPINA, une taverne réservée à la restauration et un débit de boissons.

Les caractéristiques de presque tous ces locaux sont : un comptoir de consommation ou de magasin tourné vers la rue avec ses cruches en terre cuite, des dispositifs en forme de marches d’escaliers pour les récipients de boisson et le fourneau pour préparer les mets et chauffer l’eau.

Un bon exemple de restaurant pompéien est donné par : REG. IX – 5 – 16.

Immédiatement à droite de l’entrée se trouve un petit foyer où vraisemblablement on chauffait les boissons, une cuisine spacieuse, la chambre de Postiarius. Autour de l’atrium avec son impluvium, se groupent trois pièces dont deux servaient de salle à manger. On a retrouvé dans une salle, des fresques représentant des peintures obscènes, ce qui permet de penser que cette pièce était utilisée pour la prostitution.

Au fond de l’atrium, une série de pièces étaient sans doute réservées au tenancier pour son logement.

On aurait recensé environ 118 tabernae et popinae à Pompéi, conong>centrées surtout en REG. I, REG.VI et REG.VII, tandis que, pour ce qui est des hospitia</strong> et des stabula, on note un parallélisme avec la répartition de nos hôtels dans les villes modernes : on les trouve essentiellement aux portes principales de la ville (porte de Stabies, porte d’Herculanum) et le long des grandes avenues qui pénètrent au centre de la ville.

B – Ce qu’elles nous apprennent des tenanciers de ces établissements :

Une liste des tenanciers a pu être dressée, grâce aux inscriptions retrouvées sur les lieux : elle nous permet une estimation assez précise et intéressante de la vie à cette époque dans les lieux publics.

Nous en citerons quelques uns, hommes et femmes, à titre d’exemple :

ACISCULUS – 10 –

ASC(u)LA – 7 288 –

ASTYLUS – 7 525 –

ATHICUS – 7 545 – 7 523 –

CAPRASIA – 171 –

COPIOSUS – 989 –

DEMETRIUS – 7 993 – 2 – 2a –

3 200 – h – k –

3 359 –

EPAGATUS copo – 1 015 –

FABIUS CELER – 3 481 –

FABIUS MEMOR – 3 481 –

FORTUNATA – 111 –

FORTUNATUS – 831 –

GABINIUS – 1 314 –

(H)EDONE – 1 679 –

HELPIS AFRA – 2 993 – 2j-

HERMES – 3 355 –

HERMES – 7 489 –

C. HUGINUS FIRMUS – 3 779 –

INNULUS – 3 366 – 3 367 – 2 993 – d – a – 2 893 z – b

LUTATIUS – 7 443 – 7 636 –

MARCUS – 3 728 –

MASCULUS – 7 238 – 7 240 – 8 165 – 8 169 –

….NNIUS CAUPO – 537 –

NOVICIUS CAUPO – 434 –

NYMPHIUS – 171 –

OPTATIO – 849 –

PAPILIO – 3 367 –

PARDALUS – 7 528 –

PARIS – 821 –

PHERUSA – 7 749 –

PHILIPPUS – 567 –

PHOEBUS – 103 –

PHOEBUS – 2 949 – 2 310 –

POLLIA – 368 –

POLYBUS – 3 379 –

PRIMUS – 953 – 966 – 1048 –

PURPURIO – 7 919 –

SABINUS COPO – 629 –

SALVIUS – 3 493 –

SEIUS COPO – 3 502 –

SITTIUS – 806 – 807 –

STABULIO ou STABILIO – 7 384 – 8 419 – 8 423 – a – b –

STATIUS – 7 767 – 8 903 –

TERTIUS – 3 831 –

THYRSUS – 3 640 –

VESSINIUS COPO – 6 700 –

L. VETUBIUS PLACIDUS – 7 275 – 7 278 – 7 280 – 7 284 – 7 290 – 9 614 b – 9 616 –

En étudiant ces noms, nous notons que sur quatre noms complets de tenanciers contenus dans la liste ci-dessus, trois sont ceux de liberti (ou libertae), un seul, celui d’un homme de naissance libre.

La majorité de ces noms sont d’origine grecque ou orientale : ce qui indique, à l’époque, que nous avons affaire aux plus basses couches de la société.

Ainsi, ceux qui exerçaient réellement le métier de caupones, de <em>popinarii, ont appartenu à la couche inférieure de la société, au même titre que les artisans et petits commerçants, ainsi que les leones (lutteurs dans l’arène). D’autre part, les cabaretiers avaient mauvaise réputation dans les matricules de la police judiciaire, militaire et civile, ils étaient associés aux voleurs, aux loueurs de dés, aux entremetteurs, à toutes sortes de gens vivant plus ou moins en marge de la loi.

On avait généralement peu d’estime pour eux : on les taxait de fourbes. Leur avarice était proverbiale et on les soupçonnait souvent de falsifier leur vin en le coupant fortement d’eau.

Ce que cette inscription dénonce :

TALIA TE FALLANT UTINAM MENDACIA COPO, TU VENDES AQUAM ET BIBES IPSE MERUM. – 3 948 –

Puissent de tels mensonges te tromper toi-même, aubergiste ! Tu vendras de l’eau et toi tu boiras du vin !

On note aussi que le type savoureux du cabaretier comique et bafoué a été l’un des sujets favoris de l’humour populaire de l’époque.

Ces taverniers étaient en outre suspects et méprisés parce que leur auberge ou leur cabaret était souvent lieu de rixes, de querelles d’ivrognes, et aussi d’attentats, de meurtres, d’enlèvements, de règlements de compte de toutes sortes.

Mais ces endroits avaient aussi la réputation de servir à la prostitution, très répandue dans les mœurs de l’époque; N’oublions pas que Pompéi était une ville prospère et libertine, qui cultivait la philosophie de l’épicurisme jusqu’à l’extrême. La profusion de la débauche se lisait sur les murs dans un appétit qui semblait défier la mort et la catastrophe d’Août 79.

Ainsi un inconnu écrivit :

SI QUIS HIC SEDERIT, LEGAT HOC ANTE OMNIA : SI QUI VOLUIT – 9 145 –

Si quelqu’un s’assoit ici, qu’il récolte cela avant tout : pourvu qu’elle l’ait voulu !

Pour qui désirait invoquer Vénus, déesse de l’amour et protectrice de Pompéi.

La prostitution se faisait donc plus ou moins clandestinement dans les auberges et les tavernes.

Dans la liste que nous avons citée ci-dessus, nous remarquons quelques noms de femmes qui devaient être tavernières ou serveuses. Ces femmes aux noms grecs et orientaux cumulaient très certainement ces fonctions avec celles de courtisanes. De toute façon, elles en avaient la réputation et étaient méprisées pour cela. On les soupçonnait parfois aussi de sorcellerie, de magie, si l’on en croit les dires d’Apulée (la caupona).

Quelques tavernes réputées nous fournissent des exemples intéressants sur ce point.

– Ainsi la taberna de la DOMUS POPPAEORUM : REG . I – 10 – 13 – :

Cette taverne était en contact direct avec la domus Poppaeorum, tenue certainement par le procurator Eros qui prenait soin aussi de la maison.

Il est question d’une certaine IRIS, servante aimée par deux hommes (SEVERUS et letisserand SUCCESSUS), qui rivalisèrent de verve amoureuse sur le mur :

Severus dénonce :

SUCCESSUS TEXTOR AMAT COPONIAES ANCILLAM NOMINE HIRIDEM QUAE QUIDENILLUM NON CURAT ; SED ILLE ROGAT ILLA COMMISERETUR. SCRIBIT RIVALIS – VALE !

Successus le tisserand, est amoureux d’une esclave de Coponia, une serveuse du nom d’ Iris ; mais elle, n’en a rien à faire de lui, pourtant il lui demande d’avoir pitié de lui.

C’est un rival écrit ça – Au revoir !

Successus riposte :

INVIDIOSE QUIA RUMPERIS ! SE(CT)ARI NOLI FORMONSIOREM ET QUI EST HOMO PRAVESSIMUS ET BELLUS.

Ne t’en prends pas, parce que tu en crèves, à un plus beau que toi, et qui est un homme terrible et un type bien !

Severus réplique :

DIXI, SCRIPSI : AMAS HIRIDEM, QUA(E) TE NON CURAT ! SEVERUS SUCCESSO : UT SCR(ipsi) (ita re)S (se habet ?). SEVERUS – 8 258 – 8 259-

Je l’ai dit, je l’ai écrit : tu es amoureux d’Iris, et elle n’en a rien à faire de toi.

Ce dialogue est très vivace, très spontané, très rieur aussi : on imagine bien cette scène dans une comédie à l’italienne où les acteurs se renvoient la balle.

Au même endroit on lit le nom de deux serveuses :

CAPELLA BACCHIS et prima

Plus loin on s’adresse à la vinaria, serveuse de vin, en ces termes :

SUAVIS VINARIA SITIT ROGO VOS ET VALDE SITIT

Douce serveuse de vin, elle a soif , je vous la recommande, et elle a beaucoup soif !

On appelle « la soif » de la même manière :

SITTIA VOLO TE ; SIT SITTIA – 1 819 –

Sittia je te veux ; viens ici Sittia !

– Le cabaret des Asellinae : REG. IX – 11 – 12 :

On y cite des noms de femmes d’origine orientale qui ne trompent pas sur leur double fonction de servantes et de meretrices.

ASELLINA, ZMYRNA (ou ISMURNA)

AEGLE, MARIA

– L’estaminet d’Hermès : REG. II – 4 – 1 – :

On trouve une PALMYRA, appelée SITIFERA … et une beauté dont on n’a déchiffré que la fin du nom : …..TRENA qualifiée de CULIBONIA (Callipyge ?)

Toutes ces indications sont confirmées par le poème d’Horace (epist. – 1 – 14. 15) qui qualifie une petite taverne de … Fornix et uncta popina…

La meretrix tibicina dont parle le poète se trouvait certainement dans le débit de vin. (Poème de la Copa).

On a d’ailleurs retrouvé une inscription : Aesernia C. I. L. IX – 2 689 -, qui nous présente le dialogue entre l’hôtesse et le voyageur quittant l’auberge : en plus du vin, du pain, du logis, du fourrage pour l’âne, la note mentionne aussi : puella…

Il devait être assez courant à Pompéi aussi, que la tavernière propose ses services intimes, car on a retrouvé REG. – 2 – 3 -, cette inscription :

FUTUI COPONAM – 8 442 –

J’ai baisé la patronne !

– Dans un autre estaminet : REG. VIII – 2 – 24 -, sur le mur d’une pièce intérieure, on a trouvé aussi :

…S BELLISSIMU(m) FUTUERUNT – 4 884 –

Et au cabaret REG. VI – 14 – 28 -, sur une plaque en terre cuite, apposée au mur, un ithyphallique.

Dans ces tavernes les scènes murales érotiques étaient assez courantes

aussi.

Ces tavernes et ces auberges, en plus de leur rôle de buvette, de restaurant ou d’hôtel, favorisaient donc la prostitution, puisque nous avons vu que des pièces étaient aménagées dans ce but.

Mais il existait à Pompéi des Lupanars, ou maisons closes qui étaient spécialement réservées à cet usage.

Les inscriptions nous donnent des renseignements sur leurs tenanciers et les courtisanes qui les habitaient.

Le lupanar Veneris : REG. VII – 6 – 35 – :
On y retrouve, écrits, les noms des prostituées comme :

MYSTIS -RUFA -RESTITUA- QUINTILIA -VENERIA -CHLOE – 1 627 – 1 649 –

Cette autre inscription :

BENE FUTUIT – 1 635 –

Il a bien baisé

Et cette remarque d’un anonyme, pleine de philosophie, assiduité de l’amour …

ALLIGET HIC AURAS, SI QUIS OBJURGAT AMANTES ET VETET ASSIDUAS CURRERE FONTIS AQUA – 1 649 –

C’est comme s’il voulait contenir les airs, celui qui blâme les amants, et interdirait à l’eau de la fontaine de couler sans arrêt !

À ce lupanar est accolée une taverne : REG. VII – 6 – 34 -, la Taberna Lusoria Aleariorum, qui ne trompe pas sur ses activités si l’on regarde son enseigne (emblèmes phalliques).

– Lupanar de la REG. VII – 15 -:

Ici encore les noms des meretrices : les prostituées.

AP(H)RODITE SECUNDA NYMP(h)E

SPENDUSA VENERIA RESTITUTA TIMELE

– 1 374 – 1 392 – 1 402 – 1 407 –

Il est également question d’un certain AUGUSTIANI , qui devait avoir un rôle important dans cet établissement, puisque son nom est cité plusieurs fois : – 1 379 – 1 380 – 1 382 – 1 384 – 1 385 –

– Lupanar de la REG. VII – 15 – :

C’était sans doute le lupanar le plus renommé de Pompéi. On y a retrouvé les Cellae meretrices, chambres aménagées pour les prostituées, avec des latrines.

Il est question d’un certain VICTOR et d’au autre, AFRICANUS.

À propos de ce Victor, cinq graffitis érotiques, – 2 208 – 2 218 – 2 258 – 2 260 – 2 294 –

S’agissait-il des tenanciers ? Vraisemblablement, car on peut lire dans ce lieu une inscription électorale :

AFRICANUS RO(gat) CUM VICTORE – 818 –

Ce lieu devait être l’endroit privilégié de la prostitution, car on peut lire sur ses murs plus de 120 inscriptions obscènes, et dans les cellae meretricae un phallus érigé a été gravé.

– Lupanar, REG. – 5 – 19 – :

On y a retrouvé plus de cinquante inscriptions, dont les noms de prostituées :

SUCCESSA -NESRIS- PHOEBE- GLYCERA -MORDAX -OPTATA -SPES

Et cette sentence philosophique épicurienne qui invite à jouir de la vie tant qu’il est temps :

DISCITE DUM VIVO, MORS INIMICA VENIS – 5 112 –

Instruisez-vous tant que je suis en vie, mort ennemie, tu approches !

Il est question ici d’un certain Somene – 5 122 – cité également plus loin.

SOMENE DUPUN(n)DIUM A(sinus) L. LOC(at).

Il s’agirait du foenerator Somene, l’usurier. L’inscription viendrait-elle du tenancier ?

– Lupanar Amandi : REG . IX – 6 – 8 – :

Amandus était certainement le tenancier de cet établissement : on a trouvé une inscription électorale à cet endroit :

AMANDUS ROG(at) CUM RELIQUIS – 3 707 –

Ces lieux étaient animés par des courtisanes ; certaines ne sont connues que par leur nom mentionné sur un mur, à côté d’autres noms.

mais quelques unes d’entre elles semblaient réputées, puisque leur nom fut cité plusieurs fois dans des endroits différents.

La plus renommée fut sans doute PRIMIGENIA. Elle était nommée : Novellia, Nocerina, Primigenia.

Son nom signifiait qu’elle était la « première née » d’une famille, et issue de Nocera.

NUCERIAE QUAERES AD PORTAM ROMANAM

IN VICO VENERIO NOVELLIAM PRIMIGENIAM – 8 356 –

Tu demanderas, du côté de la porte Romaine

Dans le quartier de Vénus, la toute jeune Primigenia de Nocera.

Ce qui équivaut à une adresse personnelle. Cette inscription a été trouvée à la maison de Ménandre (casa dei Quinti Poppaei Sabini) X – 1 –

On y lit ces graffitis localisés :

SABINUS CUM PRIMIGENIA HAC – 8 260 –

Sabinus (était) avec Primigenia par ici.

SABINUS – 8 264 -, le nom seul de l’amant supposé de Primigenia.

Et en grec : Primigenia Primigenia (vale) – 8 274 –

(Primig)ENIAM QUAM FELI(citer mirati sumus) – 8 301 –

D’autres inscriptions concernant Primigenia et ses admirateurs,furent retrouvées dans la maison de Cornélius Tages :

PRIMIGENIA VA(le) SALUTEM – 8 175 –

Primigenia je te salue bien !

PRIMIGENIA MAGULNIO CHRYSANTO (salutem) – 8 176 –

Magulnius Chrysantus te salue, Primigenia !

(Primigenia)AE DULCISSIMAE AMATISSIMAEQUE…SALUTEM . AVE . – 8 177 –

Salut à toi, très douce et très aimée Primigenia. Bonjour !

On suppose que Sestius et Magulnie furent les auteurs de ces deux inscriptions. – 8 175 – 8 177 – .

Un peu plus loin, on a retrouvé REG. I – 3 – :

CORNELIUS CARITO PRIMIGENIAE SALATE(m) PLURIMA(m) – 3 976 –

Vice di Tesme : ( en français)

SECUNDUS CUM PRIMIGENIA (hic) CONVENIUNT – 5 352 –

Nous savons que L. Ceius Secundus fut un noble Pompéien bien connu comme candidat : son nom a été mentionné dans d’autres inscriptions.

Primigenia était donc une courtisane célèbre et très aimée si l’on en croit ses admirateurs qui associèrent leur nom au sien.

Sur la tombe n° 23 on peut lire :

PRIMIGENIA NUCER(inac) SA(lutem).

et

VELLEM ESSEM GEMMA HORA NONA, MELIUS UNA,

UT TIBI SIGNANTI OSCULA MISSA DAREM.

Je voudrais être une pierre précieuse à la neuvième heure , plus encore unique,

Pour imprimer sur toi la marque des baisers que je t’envoie.

À cette inscription correspond une variante :

GEMMA VELIM FIERI HORA NONA – 1 698 –

Je voudrais devenir pierre précieuse à la neuvième heure !

Sur la tombe n° 29 : une inscripion quasiment effacée laisse entrevoir que cette fois Primigenia est niée …

I…………………………………………………….

NEGO PRIMIGEN(iam)…………………..

La renommée de la belle Primigenia semble avoir gagné Herculanum et Pouzzoles, puisque l’on a retrouvé des graffitis la concernant, dans ces petites villes :

HERMEROS PRIMIGENIAE DOMINAE (salutem)

VENI PUTEOLOS, IN VICE TIMINIANO, ET QUAERE A

NESSIO MUMMULARIO HERMEROTEM PHOEBI (libertum)

Il s’agit ici de l’invitation d’Hermeros à la belle Primigenia à Pouzzoles.

VENI ET QUAERE !

On peut citer une autre courtisane qui était connue elle aussi des Pompéiens : Euplia, à propos de laquelle il fut écrit :

EUPL(i)A LAXA LANDICOSA

Euplia à la large chatte !

Et

EUPLIA HIC CUM HOMINIBUS BELLIS – 2 310 –

Euplia (était) ici avec des hommes beaux !

Tavernes, auberges et lupanars affichaient à l’extérieur les promesses du vin, de la bonne nourriture, des jeux et du sexe, par une publicité destinée à attirer le client.

Les enseignes de formes très variées, servaient en général à fournir des renseignements sur le lieu, taverne ou auberge.

On les classe en deux catégories :

– Celles qui affichent des noms d’animaux :

Ces enseignes devaient être semblables aux enseignes des tavernes que l’on trouve dans les pays anglo-saxons, représentant des chevaux, des cygnes, des taureaux, des lions…

À Pompéi nous connaissons la fameuse taverne de l’Éléphant REG . – 1 – 44/45 -, dont l’enseigne représente un éléphant peint en rouge et sur laquelle on peut lire :

SITTIUS RESTITUIT ELEP(h)ANTU(m) – 806 –

Sittius s’est refait une santé à l’Elephant !

On profite de cette enseigne pour donner des précisions, sur le lieu à louer et en particulier la salle à manger :

HOSPITIUM HIC LOCATUR TRICLINIUM CUM

TRIBUS LECTIS (et commodis) – 807 –

Ici on loue une salle à manger avec trois lits (et toutes les commodités.)

– Celles qui désignent des êtres humains :

En général elles indiquent le nom de la taverne, celui du propriétaire, ou les deux. L’une d’elles indique :

HOSPITIUM C HUGINI FIRMI – 3 779 –

Parfois le tenancier s’adresse à son client potentiel qui est appelé Hospes.

Une autre enseigne indique le cabaret de la grecque (H)edoné, en une assez longue phrase :

Valeat qui legerit. (H)edoné dicit :

ASSIBUS (singulis) HIC BIBITUR.

DUPUNDIUM SI DEDERIS, MELIORA BIBES.

QUA(rtum) (assem) SI DEDERIS, VINA FALERNA BIBES – 1679 –

Hédoné dit : ici on boit pour un as.

Si tu donnes deux as, tu boiras un meilleur vin.

Si tu en donnes quatre, tu boiras du vin de Falerne.

On a trouvé à Pompéi une enseigne, à la Taberna Lusoria Aleariorum, (accolée au Lupanar Veneris), représentant deux phallus en érection face à face, avec entre eux un petit vase en forme de cratère muni de petits pieds et d’une anse. Ces emblèmes phalliques étaient assez nombreux à Pompéi :

On leur attribuait une valeur de talismans porte-bonheur (virilité, fécondité) REG. VII – 6 –

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